Le sport, c'est la santé. Si nous avons parfois tendance à l'oublier, les médecins sont là pour nous le rappeler. Une activité sportive aide à garder la forme, favorise, dans certains cas, la guérison et permettrait même de réaliser des économies. C'est pourquoi, à Strasbourg, des praticiens ont décidé de tester une nouvelle méthode en septembre prochain : la prescription médicale de sport. Assuréo vous présente cette mesure peu courante.
Une prescription atypique à l'essai
Une cinquantaine de généralistes et cardiologues strasbourgeois pourront bientôt prescrire à leurs patients des séances quotidiennes de vélo. Les patients, munis de leur ordonnance, auront alors accès gratuitement aux bicyclettes en libre-service dans la ville pendant toute la durée de leur traitement.
Un contrat a en effet été signé entre la municipalité et le gestionnaire de Vélhop, le système local de vélos en libre-service, équivalent du Vélib à Paris.
Pour qui ?
Les patients qui pourront profiter de cette nouvelle mesure sont des personnes atteintes de maladies chroniques de longue durée (diabète, hypertension artérielle, obésité, troubles cardio-vasculaires...). Des affections pour lesquelles les bénéfices de l'activité physique ne sont plus à prouver. Bien entendu, les malades continueront de suivre en parallèle leur traitement médicamenteux.
Une expérimentation encadrée
Pour commencer, l'expérience sera réalisée sur une centaine de personnes, sur une durée d'un an. Outre l'abonnement gratuit (il coûte habituellement 80 euros), les patients bénéficieront des conseils pratiques d'un éducateur sportif.
La ville de Strasbourg est également en train de négocier une prise en charge de ces dépenses par la Sécurité sociale.
Le président du syndicat de médecins l'Union généraliste, Claude Bronner, a quant à lui réclamé ''une évaluation correcte après l'année d'activité'' pour valider l'expérience.
Des économies à long terme
Outre l'amélioration de l'état des malades, l'expérience a pour but de faire des économies significatives dans les dépenses de santé.
L'Imaps (une société anonyme issue du mouvement mutualiste) a également défendu une mesure similaire en mars dernier auprès des candidats à la Présidentielle. La société revendique la prise en charge par la Sécurité sociale du sport pratiqué par les malades chroniques.
Selon son président, Jean-Pierre Davant, le remboursement partiel des frais liés à une activité sportive encadrée, à hauteur de 150 euros annuels par personne par les régimes obligatoires et complémentaires, permettrait d'économiser 250 euros en soins par patient. En appliquant cette mesure aux diabétiques, aux personnes atteintes de certains types de cancers, et aux patients en insuffisance respiratoire grave, ce montant pourrait atteindre le milliard d'euros par an.
Du sport donc, pour la santé, mais aussi pour réduire le déficit de Sécurité Sociale...
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© Assureo – Emilie GUERRIER – avril 2012
