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Pénurie de médicaments dans les pharmacies françaises

Insuline, anti-dépresseurs, anti-épileptiques, corticoïdes, anti-rétroviraux… Certains médicaments sont régulièrement en rupture de stock...

Insuline, anti-dépresseurs, anti-épileptiques, corticoïdes, anti-rétroviraux… Certains médicaments sont régulièrement en rupture de stock dans les pharmacies. Si les acteurs du secteur se renvoient tous la responsabilité de la situation, il semblerait que le système de distribution soit en cause.
Assureo, votre spécialiste de l’assurance santé, vous explique pourquoi.

 

Etat des lieux

 

Sur 5300 médicaments commercialisés en France, 160 à 370 viennent à manquer régulièrement dans les pharmacies, parfois pendant plusieurs jours.

Selon une récente étude, six pharmaciens sur dix souffrent de difficultés d’approvisionnement quotidiennes et estiment manquer en permanence d’une quinzaine de médicaments d’usage courant. Pour répondre à la demande malgré tout, certains peuvent compter sur leurs confrères ou les hôpitaux pour se ravitailler temporairement. Mais ce n’est pas toujours possible ou suffisant, et les pharmaciens sont, alors, contraints de composer avec les pénuries et de s’adapter, en changeant de molécule, en jonglant avec les dosages ou, pire, en passant commande directement auprès des laboratoires, ce qui leur revient plus cher que de passer par un grossiste.

Le taux de rupture par produit, qui n’était que de 0,7 jour par mois il y a peu, est aujourd’hui passé à 1,3.

 

Qui est responsable ?

 

Une situation inadmissible et préoccupante due à des difficultés de production mais aussi au système des quotas mis en place par les laboratoires pharmaceutiques. En effet, 600 médicaments sont soumis à des quotas, ce qui permet aux laboratoires de déterminer la quantité de médicaments octroyés mensuellement aux grossistes et aux pharmacies de chaque pays en fonction de leurs parts de marché. Lorsque la demande est supérieure au ratio de médicaments réservé à la France, les grossistes ne peuvent plus approvisionner les pharmacies, ce qui entraîne des ruptures de stock.

Mais plusieurs observateurs accusent les laboratoires pharmaceutiques de profiter de l’opacité du système des quotas pour organiser la pénurie et réserver leurs produits à des pays où les médicaments sont plus chers, comme l’Italie ou l’Allemagne où les médicaments coûtent en moyenne 20% de plus.

 

Une accusation à laquelle les grossistes-répartiteurs doivent également faire face. Même s’ils sont soumis à des obligations drastiques, avoir un stock de 15 jours pour 90% des médicaments et livrer en 24h maximum par exemple, ils ont aussi la possibilité d’écouler une partie de leur stock à l’étranger en toute légalité.

 

Enfin, les short-liners sont aussi mis en cause. Ces nouveaux venus dans la distribution de médicaments, qui ne sont soumis à aucune des obligations des grossistes répartiteurs, sont accusés de n’avoir aucune culture de la santé et de n’être sur le marché que pour capter les marges, notamment pour les médicaments produits et distribués en petite quantité tels que les anti-rétroviraux ou les anti-cancéreux. Des médicaments pour lesquels les patients ne peuvent, par ailleurs, pas attendre.

Cependant, leur rôle est à tempérer puisqu’ils ne couvrent actuellement que 3% du marché.

 

Le ministère de la Santé menace

 

Ceci étant, ça n’a pas empêché Xavier Bertrand, ministre de la Santé, de taper du poing sur la table. Pour lui, les médicaments produits pour la France doivent être consommés en France. Si laboratoires et grossistes ne respectent pas leurs obligations en la matière et que les pénuries persistent, il n’hésitera d’ailleurs pas à durcir la législation pour rétablir la situation.

  ©Assureo  – Jonathan RODRIGUEZ – août 2011

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