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Contraception : la pilule anonyme et gratuite fait débat

Avec une hausse spectaculaire, ces dernières années, des interruptions volontaires de grossesses sur les mineures (près de 15 000 par an), la question de l'accès à la contraception revient ces jours-ci au centre du débat. Le 14 novembre dernier, une proposition de loi a été déposée à l'Assemblée par une députée UMP : il vise à autoriser la délivrance de la contraception gratuite et sans autorisation aux mineures.
Depuis, la question fait beaucoup de bruit et divise la classe politique.
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Pilule anonyme : les arguments du « pour »


Actuellement, en France, l'accès à la contraception pour les adolescentes connaît des failles plutôt paradoxales : l'IVG, de même que la contraception d'urgence (pilule du lendemain), sont accessibles de façon anonyme et gratuite. La pilule, pour sa part, n'est délivrée gratuitement que dans les centres de planification familiale, et surtout, apparaît automatiquement sur le relevé de carte vitale des parents. Tout sauf anonyme, donc.
C'est sur ce postulat que se base Bérangère Poletti, députée UMP des Ardennes, pour défendre sa proposition de loi.

Ainsi, une mineure pourrait se rendre gratuitement chez un professionnel de la santé prescripteur, et obtenir une ordonnance de contraception adaptée, avec une facturation spécifique, sans que ses parents ne soient mis au courant automatiquement via l'Assurance maladie.

Selon Mme Poletti, cette loi permettrait de faire nettement reculer le nombre d'IVG chez les mineures, de mieux respecter leur intimité et d'élargir le spectre de l'accès à la contraception, notamment dans les zones rurales ou dans les foyers où la sexualité des ados reste un sujet tabou.

 

Pourquoi dire non


La pilule anonyme et gratuite est loin de faire l'unanimité, y compris dans les rangs de la majorité. Nora Berra, secrétaire d'Etat à la santé, s'est immédiatement déclarée contre la proposition de loi, arguant que « la pilule reste un médicament » et qu'il ne faut pas « court-circuiter le rôle des parents ». Ce qu'elle propose : développer l'offre dans les centre de plannings familiaux.

Cet avis est partagé par de nombreuses associations familiales, qui dénoncent, pêle-mêle : la banalisation de la sexualité, le non-respect de l'autorité parentale, mais aussi les risques médicaux liés à la prise de certaines pilules, dites de troisième génération.

Le gouvernement, à l'image du ministre de la Santé, Xavier Bertrand, reste pour l'instant discret sur le sujet. Mme Poletti a décidé d'interpeller publiquement les dirigeants de la majorité, y compris le président de la République, en leur écrivant une lettre à chacun, le même jour que le dépôt de sa proposition de loi.

La pilule anonyme est donc loin d'avoir fini de faire parler d'elle.

 

 © Assuréo – Guillaume GARNIER – novembre 2011

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