Patchs, cigarettes électroniques, hypnose, sacrifices de poulets... Vous avez tout essayé pour arrêter de fumer, hélas ! Sans y parvenir. Bonne nouvelle pour les accros en quête de rédemption : des chercheurs ont mis au point un vaccin contre la nicotine, testé avec succès sur des rongeurs. Une découverte qui pourrait changer la vie de millions de fumeurs. Décryptage.
Plus de nicotine, plus de plaisir... plus d'addiction
Arrêter de fumer n'est pas seulement une question de volonté. La nicotine est une substance fortement addictive, et la dépendance entraîne des symptômes similaires à ceux liés à la consommation d'autres drogues, comme l'alcool. Ainsi, pour tenter d'aller plus loin que le système du patch ou des gommes nicotiniques, simples substituts, des chercheurs américains se sont penchés sur un concept bien plus ambitieux : créer un vaccin qui empêcherait la nicotine d'atteindre le cerveau, enlevant ainsi tout plaisir au fumeur et annihilant progressivement l'addiction.
Une expérience couronnée de succès
Pour mettre au point leur vaccin, les chercheurs ont tout d'abord modifié génétiquement un virus afin qu'il crée des anticorps contre la nicotine. Une fois inoculé chez des souris auxquelles il avait été préalablement injecté de la nicotine, le virus a parfaitement rempli son rôle, fabricant une petite armée d'anticorps se nourrissant exclusivement de nicotine. Ainsi, les rongeurs "accros" ont vu le taux présent dans leur cerveau réduit de 85 %. Reste aujourd'hui à savoir si ce vaccin serait efficace sur l'homme, et sans danger.
Arrêter de fumer... avant de commencer
Dans un futur plus ou moins proche, on pourrait imaginer plusieurs emplois pour ce vaccin anti-tabac. Outre le fait qu'il pourrait permettre aux fumeurs d'arrêter, il serait également essentiel pour aider les ex-accros à ne pas replonger. En effet, en continuant le "traitement" même après l'arrêt de la cigarette, le vaccin annulerait les envies de "replonger" mais anéantirait également tout plaisir en cas de rechute. Certains vont même jusqu'à imaginer l'utilisation préventive d'un tel vaccin sur les "futurs fumeurs" : enfants et adolescents seraient ainsi dégoûtés de la cigarette, avant même d'avoir commencé à fumer !
Seul point noir noté par certains spécialistes : la dépendance à la cigarette n'est pas seulement une question de substance mais aussi de gestes, de rituels, etc. Ainsi, avec ou sans vaccins, un accompagnement psychologique est souvent nécessaire... Ce qui n'a sans doute pas été le cas avec les souris.
Sources : nouvelobs, leparisien, lexpress
© Assuréo.fr – Guillaume GARNIER – juillet 2012
